Attali Vlada

Memoires d'une pellicule

Une pellicule ne meurt pas, elle se fige dans le temps et se transforme, capturant ainsi l’instant, un bref moment disséminé dans l’immensité temporelle. Chacune transmet une histoire, une vision propre à son photographe. Au travers de cette série, la symbolique rattachée à chaque capture est
primordiale pour comprendre l’essence véhiculée par les images. C’est tout d’abord la fusion d’un grand père et de son petit-fils, d’un Nikon des années soixante-dix et d’une pellicule neuve. Le cadrage bancal, le rendu flou, le classicisme des prises, tout laisse à croire que ces photos sont
l’œuvre de l’aîné. Pourtant il n’en ait rien, c’est l’héritage ascendant qui brise le fil continu du temps et libère l’artiste de son joug. La mort du petit-fils ne marque donc pas la fin mais le commencement d’un cycle qui se dérobe à l’épreuve du temps. De ce dernier découle la preuve irréfutable de
l’existence au sein d’une dimension plus vaste, se dessinant au travers des yeux de son grand-père. C’est ainsi qu’est la photographie, bien que figée, elle est en perpétuel mouvement, surpassant la vision collective à laquelle elle est liée.