Lê Chau Cuong

Les jours s'en vont comme des chevaux sauvages dans les collines

Vers février, chaque lycée de Prague organise son bal. C’est un événement attendu par les élèves, à l’aune de leur majorité, de leur émancipation, de leur entrée dans l’âge adulte, comme un rite de passage. L’ambiance est familiale ; les familles sont présentes. On s’est mis sur son 31, tout le monde joue le jeu. Paradoxalement, il se dégage de ces jeunes une certaine attente et du désespoir. À travers ses diptyques associant portraits de ces jeunes pendant le bal et vues de leur habitat dans les Panelaks, ces anciens ensembles ouvriers de banlieue, Chau-Cuong Lê met en avant le sentiment que ces jeunes semblent être rattrapés par leur quartier austère où rien ne se passe, comme si leur lieu de vie influençait malgré eux leur comportement.