Azeroual Mustapha

Pulvérulence de la photographie - Form

Scientifique de formation, Mustapha Azeroual est venu à la photographie par l’étude et l’expérimentation des procédés anciens de photographie. Sa recherche se fonde sur l’observation et l’expérimentation, confrontant les techniques historiques de prise de vue et de tirages aux enjeux contemporains de la photographie. Entre installation, objet et séquence, son travail tend à démultiplier les champs et dimensions de la photographie. Suivant une approche déconstructionniste de la photographie, il développe un travail qui place le spectateur au coeur de la révélation de l’image. La lenteur des procédés anciens utilisés -tirage à la gomme bichromatée*, aux sels de platine, daguerréotype, cyanotype ou encore sténopé- étire le temps du regard et les supports choisis invitent au déplacement faisant varier l’image à travers une multiplicité de points de vue. Le sujet, qu’il s’agisse d’un paysage, d’un arbre ou d’une montagne devient motif, prétexte à une exploration de ses interprétations picturales qui dépassent les enjeux d’une représentation dite « objective ». En tentant de se détacher de l’image plane pour approcher le relief, Mustapha Azeroual interroge et explore sa mise en mouvement et ses conditions d’apparition par la lumière. Le motif devient alors un point d’entrée, une invitation à découvrir le vaste champ esthétique et conceptuel du médium photographique. L’approche analytique permet de ramener le spectateur dans un moment de réappropriation du point de vue. La corrélation historique de la photographie avec les notions de perception, d’expérimentation, de réécriture du réel est une ligne directrice de son travail. En tant qu’« oeil machine », la photographie est également indissociable d’une contemplation dépassant l’approche naturaliste du monde pour en pénétrer la texture sensible.

 

Né en 1979 à Tours, Mustapha Azeroual est photographe autodidacte d’origine franco-marocaine. Il vit et travaille entre Casablanca et Paris.  Résident permanent de la Capsule, Centre de création photographique du Bourget, il a rejoint Fresh Winds fin 2015, dans le cadre de la biennale d’art contemporain de Gardur en Islande. Il développe le projet ELLIOS, une étude de la lumière, en partenariat avec le LESIA (pôle d’observation du soleil de l’Observatoire de Paris-Meudon). Son travail est représenté en France par la Galerie Binome (Paris), au Maroc par CulturesInterfaces (Casablanca) et aux États-Unis par Mariane Ibrahim Gallery (Seattle).