Benguigui Mathias

Né en 1991, Mathias Benguigui débute sa carrière de photographe en 2009 en collaborant avec des institutions culturelles. En 2016, il est diplômé de « Photojournalisme et Documentaire » de l’EMI-CFD à Paris, et sa pratique prend un nouveau tournant. Fasciné par la narration visuelle du réel, il travaille au journal Libération en tant qu’éditeur photo. Il se concentre en parallèle sur la production de projets documentaires personnels au long court interrogeant la mémoire, l’identité et le déracinement. 

Le projet « Les chants de l’Asphodèle » a été crée en collaboration étroite avec Agathe Kalfas. Une exposition est en cours à la Fondation Manuel Rivera Ortiz dans le cadre des Rencontres de la photographie d’Arles 2021. Un ouvrage sera également publié en septembre 2021 aux Editions du Le Bec en l’air.

 

 

Les Chants de l'Asphodèle

En 2015, Lesbos est devenue le foyer du plus grand mouvement de population en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, il ne s’agit pas d’un événement inédit dans l’histoire mouvementée de cette île grecque. Depuis l’Antiquité, les vagues migratoires se succèdent sur ce bout de terre à la croisée des mondes, passage entre l’Orient et l’Occident, l’île porte d’ailleurs encore les traces de la Grande Catastrophe de 1922. Suite à la défaite de la Grèce contre la jeune République turque de Mustafa Kemal, plus d’un million de Grecs orthodoxes originaires d’Asie mineure sont déportés sur l’autre rive, dont 45 000 débarquent à Lesbos dans le plus grand dénuement. Presqu’un siècle plus tard, ce sont leurs descendants qui viendront porter secours aux réfugiés des temps modernes.  “Les Chants de l’Asphodèle”, réalisé entre 2016 et 2020, s’attache à porter un regard nouveau sur ce territoire ultra-médiatisé. Mathias Benguigui scrute les traces laissées dans le paysage et collecte avec Agathe Kalfas des récits réels ou imaginaires, mettant ainsi en perspective les différentes strates de migration sur l’île. Au gré de ses séjours, les événements s’enchaînent et les tensions montent : l’attente des réfugiés est interminable, des mois voire des années ; les difficultés économiques et le sentiment d’abandon s’installent dans la population grecque. Les exils d’hier et d’aujourd’hui s’observent mais le dialogue est rompu. Lesbos ne serait-elle pas devenue le miroir du « Champ de l’Asphodèle », ce lieu mythologique des enfers où les âmes n’ayant commis ni crime ni action vertueuse, séjournent sans but et patientent éternellement ?  Naviguant aux frontières du documentaire et de la fiction, ce travail au long cours invite à une autre lecture des problématiques contemporaines de Lesbos, en faisant dialoguer traces du passé, mythologie et mémoire collective de la migration.

Informations pratiques

Jardin Villemin

6 Rue des Récollets
75010
Paris

Jardin Villemin

Adresse :

6 Rue des Récollets
75010
Paris

Horaires :

Tous les jours

Transports :

Métro
- Gare de l'Est - M°4 / M°5 / M°7

Bus
38, 39, 46, 47, 56

Velib
- Station 10015, 46 rue Lucien Sampaix
- Station 10016, 29 rue des Récollets
- Station 10023, 1 avenue de Verdun

Accès handicapé : Oui